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Voici en hommage au massacre de MARSOULAS le 10 juin 1944 le témoignage poignant  de mon ami Roger Goizet lui aussi aujourd'hui disparu. Ce texte est extrait de son livre "passeur de mémoire".

 

Souvenons-nous.

 

 

Le 10 juin 1944.

 

Tous les ans quand nous reviennent le temps des cerises, l’odeur du foin et l’approche du solstice d’été, le mois de juin nous tonifie le moral la bonne humeur et même la joie de vivre.

Mais hélas, je pense ici à un mois de juin ou l’armée ennemie qui entendait sonner l’hallali, est venue de ses plus basses vilénies répandre l’émoi, la mort et la consternation dans notre Comminges en transformant la petite bourgade qu’est MARSOULAS en un village martyr.

J’avais 10 ans le 10 juin 1944, mon père m’avait envoyé garder les vaches tout près de notre habitation dans les coteaux de MANCIOUX, lorsque Vers 10heures du matin deux ou trois détonations ont secoué ma quiétude. Une colonne de « SS » avait fait une halte à BOUSSENS pour envoyer deux ou trois projectiles sur un drapeau  bleu, blanc, rouge qui avait été un peu prématurément hissé sur les vestiges du château de ROQUEFORT-SUR-GARONNE. Le convoi repartait en direction de MAZERES-SUR-SALAT soi-disant en quête du maquis de BETCHAT. Quatre jours après le débarquement de NORMANDIE, l’ennemi voyait rouge. Ce funeste convoi fit une nouvelle halte à MARSOULAS, pour y signer une des plus noires histoires du Comminges, en assassinant hommes, femmes et enfants.

Depuis ce jour-là MARSOULAS est village martyr.

Avant de terminer ce récit je tiens à y inclure un souvenir qui a trouvé sa place dans ma mémoire. Il s’agit d’un homme qui habitait MARSOULAS à l’époque et qui venait tous les ans cueillir des cerises chez nous (Adrien FULBERT). Ce brave homme nous avait dit cette année-là « moi quitte de prendre le maquis, les Allemands ne m’auront ^pas » le lendemain il était mort.

C’est très justifié que la presse écrite, parlée et télévisée nous rappelle souvent qu’ORADOUR/ GLANE fut le théâtre de l’horreur. Mais pour mon plus grand plaisir j’aimerais qu’on n’oublie pas MARSOULAS.

 

ROGER GOIZET.

Souvenir le 10 juin 1944 massacre de MARSOULAS.
Souvenir le 10 juin 1944 massacre de MARSOULAS.
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